Jeune et bibliophile. La limite de deux livres à emprunter m’irrite et m’urtique.
Je les dévore, quatre en seize heures, les vacances aidant. J’en veux plus, j’en veux d’autres.
Affublée du difforme pullover de mon père et le cœur battant à l’allure d’une ferrari rouge.
Je longe les rayons, saisis deux petits volumes et les glissent le plus normalement du monde dans ma grosse poche ventrale.
Je suis un kangourou biblioklepte.
Les petits volumes grandissent, grossissent et deviennent presque éléphantesques.
Le poids de ma conscience est en osmose avec les imprimés.
Ils me brûlent presque à travers l’épais coton.
Mes mains moites les palpent, elles sont fébriles.
Mes joues, mes oreilles et même mon nez sont devenus tomate.
Je dépasse les portes, je ne me suis pas fait prendre.
Cela a été trop facile de devenir une petite voleuse de livres.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire